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Le Numérique à l’école : comment intégrer une pédagogie numérique en contexte scolaire

Le Numérique à l’école : comment intégrer une pédagogie numérique en contexte scolaire

 Le numérique à l'école

image : JF Tavernier :  http://jefftavernier.wordpress.com/2013/05/20/apprendre-a-lere-numerique/

 

 

1. LE CONTEXTE GENERAL : une éducation

tout numérique ?

Everywhere Education.

Plus besoin de se rendre dans une classe ou une bibliothèque pour apprendre. 

C’est évidemment une provocation mais avec un fond de vérité … Les Tablettes et les Smartphones connectent les apprenants en tous lieux et en tous temps. C’est l’heure de gloire du Mobile Learning.

Les conférences TED, les Massive Open Online Courses des universités (Cours en Ligne Ouverts aux Masses ou MOOC), les Wikis ou autres communautés de pratiques démocratisent l’accès aux enseignements, même les plus techniques. Avec l’application sur ipad « iTunes U » on peut avoir accès à des centaines de cours de part le monde. De toute façon les contenus  d’enseignement sont disponibles au plus grand nombre avec des enseignants sur internet qui mettent les cours à disposition. Le succès de Kahn Academy avec le soutien de Bill Gates, l’arrivée de Google HelpOut (version bêta) ou encore la plateforme ITunes U montrent combien le secteur éducatif est devenu attrayant. Les universités et autres institutions d’enseignement investissent YouTube, les plateformes d’enseignement en ligne et les MOOC. Elles veulent de la visibilité car elles n’ont pas le choix de s’ouvrir et de promouvoir la qualité de leur enseignement.

Dans son livre L’Èducation Réinventée, Salman Kahn affirme son ambition pour Kahn Academy:

“A free, world-class education for anyone, anywhere.”

Bill Gates quant à lui, lors du Microsoft’s Faculty Summit en juillet 2013, a déclaré s’intéresser de très prêt aux enjeux éducatifs avec sa fondation Bill and Melinda Gates:

"Nous sommes au début d’un changement très profond même si la nous avons la tendance à le simplifier, cela est vraiment important."

La publication et le partage de contenus facilitent la propagation des connaissances. Que ce soit via des articles sur un blog, sur eBooks, avec des vidéos, des infographies, des présentations, des réponses aux questions d’une communauté ou encore des cartes cognitives (Mind Mapping), tous les supports sont disponibles. Faciles à faire. Rapides à publier.

Les frontières de la classe et des établissements d’enseignements s’abaissent. Le paysage des sources d’enseignement explose. Les labels d’enseignement perdent de leur lustre. De nouveaux entrants diminuent la part de marché des institutions traditionnelles d’éducation.

Tous enseignants, tous apprenants.

Depuis plusieurs années déjà, le marché du soutien scolaire à domicile, des professeurs particuliers, des coachs en entreprises et des applications éducatives pour smartphones  concourent à agrandir le gâteau de l’apprentissage. Depuis l’émergence du Web 2.0 fin 2005, tout le monde peut devenir enseignants et nous sommes tous des apprenants.

La "Sharing Economy" ou économie du partage s’applique aussi au monde de l’enseignement, de la formation et du conseil. La mise en marché simplifiée par des places de marché collaboratives sur le web va obliger les professionnels d’institutions et d’organismes établis à demeurer hautement qualifiés, bon communicateurs et trés spécifiques pour se distinguer.

Nous passons donc d’un modèle "Few to Many" à un modèle "Many to Many". Le modèle fermé et exclusif d’enseignement s’effondre. Tous le monde peut contribuer à enseigner. La seule distinction sera la qualité des contenus en relation avec l’objectif et la qualité de l’expérience d’apprentissage. Certes, les institutions d’enseignement demeurent des lieux incontournables grâce à leur autorité pour certifier un apprentissage, leur offre  cohérente intégrée et leurs infrastructures. Toutefois, leur crédibilité s’effrite plus vite que leur légitimité.

L’énorme marché des contenus mobiles.

Avec l’arrivée prochaine des Google Glass et autres Phablets, les contenus éducatifs dynamiques exploseront.

Le "Self-Editing" démocratise la publication de contenus. Chacun peut produire une vidéo, un eBook ou une présentation dynamique Prezi. Votre classe devient le monde. Votre page YouTube Channel ou SlideShare devient votre petite école.

Le "Rich Content Media" et le "Streaming Content" permettent de créer des flux continus d’apprentissage. L’animation, la vidéo et la qualité des contenus sont au cœur de ses flux.

La curation de contenus devient une compétence spécifique de l’apprenant. Les apprenants agrègent des sources d’informations et des contenus de qualité dans un but de créer un corpus de connaissances. Scoop-It ou Pearltrees permettent aux apprenants de partager leur contenus et de les commenter.

Un autre besoin croissant est la recherche, le classement de tous ces contenus éducatifs et leur orchestration en programmes logiques. Learnist.com vous permet d’orchestrer ces contenus de toute nature par thème et par niveau.

Des enseignants deviennent des stars du web. Qui l’aurait cru possible ? Certains profs atypiques et excellents communicateurs ont compris l’intérêt de diffuser leurs connaissances en dehors de leur classe. Apprendre n’est plus spécifique à un lieu. Enseigner c’est communiquer.

La gamification des apprentissages.

La ludification ou "Gamification" des contenus permet de stimuler l’engagement et la participation des apprenants. Les passages aux niveaux supérieurs, les fréquents feedbacks d’évaluation, les points et les badges gagnés, les compétitions amicales et les échanges entre apprenants-joueurs assurent une meilleure appropriation et une plus grande assiduité. Elle renouvelle le rapport à l’acte d’apprendre en améliorant l’expérience. Le sommet mondial de la gamification se tient dans plusieurs villes du monde. Il montre sa part croissante dans les processus d’affaires des différentes formes d’enseignements, d’évaluation et de développement des comportements.

Le "Serious Gaming" jumelle la captation de l’attention par les jeux vidéos et la vertu éducative du jeu, le tout par niveau de difficultés et conditions de réussite au prochain niveau.

La classe inversée.

La classe inversée ou pédagogie inversée ou "Flipped Classroom" offre aux apprenants de faire des recherches et de créer des contenus pour le partager aux autres apprenants. L’enseignant orchestre la production du savoir au lieu de dispenser son savoir. Beaucoup de ressources sur la pédagogie inversée sont regroupées ici.

Les outils utilisés par les jeunes élèves ou les adultes sont ouverts et collaboratifs : Wiki, Blogue, Microblog, Vidéos, Présentation PowerPoint ou Prezi, eBook, Podcast, VideoCast.

La classe, une communauté, le monde.

L’apprentissage n’est plus dispensé par un professeur, il est une co-création. Un processus social, guidé et intentionnel, ouvert sur les autres et collaboratif. A l’heure où les connaissances sont disponibles partout, les enseignants deviennent des intégrateurs et des développeurs de contenus pour suivre un but pédagogique. Ils ne sont plus au centre du dispositif, ils deviennent des animateurs de communautés d’apprentissage.

Pour lancer un projet pédagogique, pour s’engager dans une action bénévole, rien de plus simple. Il est possible pour les apprenants d’ouvrir un groupe sur Facebook, une communauté d’échange avec un Wiki ou un groupe de discussion sur LinkedIn. Le site Edmodo permet de créer un réseau social privé entre l’enseignant et les apprenants.

L’expérience apprenant

L’apprenant est devenu un Active Learner. L’apprenant, comme le client d’ailleurs, aspire à vivre une expérience. A partir d’un certain âge, l’apprenant devient autonome pour rechercher et assimiler des informations et des connaissances. Devenu consommateur de contenu, il construit ses connaissances avec de multiples interactions dans un environnement holistique ouvert, centré sur son expérience. Il a aussi des standards et des exigences établis sur la base plus large que sa seule classe. Il compare. Les établissements se différencieront donc sur leur "expérience apprenant" plus que sur leurs cours.

L’ingénierie pédagogique n’est plus seulement des séquences logiques de cours, d’exercices et d’évaluations. Il s’agit d’intégrer un environnement éducatif digital avec un projet social éducatif.

Les besoins de personnalisation et de différentiation dans la pédagogie sont immenses. Offrir le même contenu tout en apprenant différemment et avec un rythme personnalisé est très apprécié des jeunes et des adultes qui complètent travail et études.

Le Blended Learning permet ainsi d’associer des activités de Mobile Learning (lecture, vidéo, curation de contenus, écriture, synthèse), de partages en classe ou en ligne (Live Chat, travaux de groupes, présentation, discussion), d’évaluation ou auto-valuation et de mise en pratique (jeux, résolution de problèmes, étude de cas). Le Storytelling des contenus et le service On-Demand permet d’élaborer une offre structurée et facilement disponible en niveaux et avec des conditions d’accès.

L’approche pédagogique fondée sur la résolution de problèmes Problem Based Learning ou d’études de cas offre des modalités actives en classe. Elle met en pratique les connaissances acquises chez soi.

L’apprentissage immersif est encore à ses débuts mais il pourrait refléter les modes d’apprentissages de demain. Avec les capteurs sensoriels (Kinect par exemple, les Google Glasses et autres objets connectés), il serait possible de faire vivre les apprenants dans un environnement virtuel enrichi. Avatars et autres représentations 3D pourraient donner une autre dimension à certains cours de sciences (chirurgie, mécanique, électronique, architecture).

La personnalisation conduit aussi à offrir des plateformes technologiques et un environnement inter-opérable devant répondre aux enjeux du "Bring Your Own Device" ou "BYOD". Chacun apprend avec son appareil mobile connectable dans l’environnement.

 

 

 

 

 

 

2. Alors … comment favoriser le succès de l’intégration de l’iPad et des TIC en classe?

 

La mise en place ou l’intégration des TIC dans le milieu éducatif est un problème complexe relevant de plusieurs facteurs. D’où le besoin de se servir de modèles théoriques pouvant servir de schéma directeur au processus d’intégration dans toutes ses dimensions. Un modèle peut avoir un ou plusieurs rôles en fonction de sa structure et de ses prescriptions. Ainsi, un modèle peut principalement :

▪ servir de canevas au processus d’intégration en décrivant les différentes étapes à suivre et les tâches à effectuer pour mener à bien le processus. Ici, nous pouvons par exemple identifier des modèles comme SAMR ou le continuum d’approches,

▪ servir d’indicateur à l’état d’avancement du processus d’intégration dans un pays, une entreprise ou une institution scolaire. En se basant sur un modèle, on est donc à même de situer à quelle phase d’implantation des TIC on se trouve et ainsi évaluer les ressources nécessaires pour passer à la phase suivante,

▪ décrire les différentes pratiques pédagogiques à employer dans un milieu scolaire pour se servir des TIC comme moyen d’enseignement. Le modèle TPACK permet de contextualiser des activités pédagogiques intégrant les TIC,

▪ orienter la conception d’un curriculum de formation initiale et continue pour les enseignants,

▪ situer la place des technologies dans l’activité pédagogique en définissant les différents domaines pour lesquels son utilisation est optimale.

Il existe plusieurs modèles théoriques dont les plus populaires sont : TPACK, SAMR, PST et le continuum d’approches.

De toute évidence la formation des enseignants est une priorité !! Sachant que 49 heures de formations commencent à impacter les méthodes d’enseignement…. Il faut donc partir sur le principe d’une formation permanente avec un groupe pilote et surtout des échanges entre les enseignants pour comparer les pratiques.

 

 

Le modèle TPACK (Technological Pedagocical Content Knowledge)

le modèle TPACK

TPACK est un modèle servant à décrire les différents types de connaissances à acquérir par un enseignant afin d’intégrer les technologies dans ses pratiques éducatives. Ce modèle développé par les professeurs titulaires Punya Mishra et Matthew J. Koehler (Koehler et Mishra 2008, Mishra & Koehler 2006) a été inspiré du modèle PCK de Lee Shulman (Shulman, 1986) qui est basé sur le concept de « pédagogie du contenu disciplinaire ».

TPACK ajoute à PCK la « dimension technologique » et de ce fait décrit « l’exploitation optimale de la connaissance technologique dans les pratiques pédagogiques et le contenu disciplinaire ». Il est basé sur trois composantes fondamentales qui sont : la technologie, la pédagogie et le contenu. TPACK met en évidence les relations qui existent entre ces trois composantes (formant ainsi des composantes dérivées, Figure 1) et constitue ainsi une base théorique au curriculum de formation initiale ou continue intégrant les TIC que doivent suivre les enseignants.

2.1.1 La connaissance technologique (Technological Knowledge : TK)

La connaissance technologique fait référence à la culture et à l’utilisation des nouvelles technologies comme internet, la vidéo numérique, les ordinateurs, les i-phones, i-pad, etc. Elle intègre la connaissance des notions de systèmes d’exploitation, la création d’archives, la création de documents et de diapositives, l’environnement matériel de l’ordinateur et ses périphériques, l’utilisation des logiciels et du web.
Les enseignants doivent donc toujours être à jour sur les innovations des Technologies de l’Information et de la Communication pour pouvoir de mieux en mieux s’en servir dans leur environnement au profit de l’éducation.

2.1.2 La connaissance pédagogique (Pedagogical Knowledge : PK)

La connaissance pédagogique fait référence à la connaissance des modèles, stratégies, techniques et méthodes d’enseignements – apprentissages permettant d’atteindre un but éducatif en instance. Elle est liée aux différentes perspectives de l’apprentissage des élèves, au management de la classe, à la mise en œuvre et la dispense des leçons ainsi qu’aux techniques d’évaluation.
Un enseignant ayant des connaissances avancées en pédagogie comprend les mécanismes d’enseignement – apprentissage qui permettent d’avoir un rendu optimal pour ses élèves, il effectue des bons choix au niveau des méthodes pédagogiques à utiliser pour l’atteinte de ses objectifs, il effectue une bonne gestion de la salle de classe, communique avec les élèves et leurs parents. Cette connaissance inclut aussi la maîtrise des différentes théories de l’apprentissage et des procédés de psychopédagogie en vue d’une mise en pratique en situation réelle d’enseignement – apprentissage.

2.1.3 La connaissance du contenu (Content Knowledge : CK)

La connaissance du contenu fait référence à la connaissance de l’objet d’enseignement - apprentissage réel. Le contenu est spécifique à une discipline ou un domaine bien précis de l’éducation.
L’enseignant doit maîtriser le contenu de la discipline qu’il enseigne ; il doit en connaître toutes les bases, les théories, les concepts et l’idéologie, comprendre quelles sont les différentes relations qui s’appliquent entre les modules de sa discipline et entre sa discipline et les autres, et savoir les expliciter. Selon Deborah L. Ball and G. Williamson McDiarmid, les enseignants qui n’ont pas cette intellection peuvent dénaturer l’objet de leur enseignement envers leurs élèves (Ball et McDiarmid, 1990).

2.1.4 La connaissance de la pédagogie du contenu (Pedagogical Content Knowledge : PCK)

La connaissance de la pédagogie du contenu fait référence à un amalgame entre la pédagogie et le contenu disciplinaire. Shulman (1986) affirme que la pédagogie et les connaissances liées au contenu disciplinaire ont en fait été traités comme des domaines qui s’excluent mutuellement dans les recherches relatives à chacun d’eux, ce qui a eu pour conséquence la production de curriculum de formation des enseignants accentués soit sur le contenu disciplinaire soit sur la pédagogie. Shulman a fait valoir le fait qu’avoir la connaissance disciplinaire et des stratégies pédagogiques générales, bien que nécessaire, ne sont pas suffisantes pour un enseignement de qualité. Pour remédier à cela, il a proposé une approche qui examine la relation entre ces deux concepts en introduisant la notion de PCK.

Cette connaissance permet de réajuster les approches pédagogiques en fonction du contenu disciplinaire. Elle intègre à la fois les connaissances d’un expert du contenu disciplinaire en question et d’un expert en pédagogie. PCK s’intéresse à la représentation et à la formulation des concepts, des techniques pédagogiques, la connaissance de ce qui rend les concepts difficiles ou faciles à apprendre, la connaissance des connaissances antérieures des élèves et des théories de l’épistémologie. Elle implique également la connaissance des stratégies d’enseignement qui intègrent des représentations conceptuelles appropriées afin de favoriser de manière significative la compréhension. Il comprend également la connaissance de ce que les élèves apportent à la situation d’apprentissage. PCK représente le mélange du contenu et de la pédagogie dans la compréhension de la façon dont les aspects particuliers des objets sont organisés, adaptés et représentés pour l’enseignement.

2.1.5 La connaissance de la Technologie liée au contenu (Technological Content Knowledge : TCK)

La connaissance de la technologie liée au contenu fait référence à la manière dont la connaissance de la technologie (ST) et la connaissance du contenu disciplinaire (CK) sont réciproquement liées l’une à l’autre. L’enseignant aspirant à cette connaissance doit non seulement maîtriser le contenu disciplinaire de la matière qu’il enseigne, mais doit aussi avoir connaissance des nouvelles technologies et savoir comment les applications liées à ces dernières peuvent modifier ou améliorer certaines notions du contenu disciplinaire et inversement comment le contenu disciplinaire en question peut participer à l’amélioration de la technologie. Nous avons par exemple le cas des logiciels qui favorisent des démonstrations mathématiques ou encore la représentation de phénomènes en physique.

2.1.6 La connaissance de la Technologie liée à la pédagogie (Technological Pedagogical Knowledge : TPK)

La connaissance de la technologie liée à la pédagogie fait référence au lien existant entre la connaissance de la technologie (ST) et la connaissance de la pédagogie (PK). Elle permet d’établir l’impact que la technologie à sur la pédagogie et vice-versa. Elle est la connaissance de l’existence des différentes technologies et de leurs capacités à améliorer une situation d’enseignement – apprentissage. Nous avons par exemple l’utilisation des didacticiels, des WebQuests, forums de discussion, des chats rooms, etc. qui sont très favorables à l’enseignement. L’enseignant détenant cette connaissance peut dès lors user des nouvelles technologies pour optimiser ses pratiques pédagogiques.

On le savait déjà, pour qu'un formateur intègre l'utilisation des outils numériques dans sa pratique pédagogique, la simple maîtrise des outils est insuffisante.

Le modèle TPack, mis au point par les professeurs Matthew Koehler et Punya Mishra de la Michigan State University, illustre comment trois domaines de connaissances et compétences, généralement considérés de manière indépendante, s'articulent et doivent être considérés dans leurs interrelations dans la formation et l'accompagnement des formateurs. 

Ces trois domaines sont les technologies, les pédagogies et les contenus, TPaCK étant l'acronyme de Technology, Pedagogy and Content Kowledge.

 

A l'intersection des différents domaines, on trouve

 

C-P : les choix pédagogiques réalisés par un formateur pour faire acquérir un contenu

 

T-P : l'utilisation des outils numériques pour ce qu'ils apportent à la mise en oeuvre d'une pédagogie

 

T-C : la manière dont un contenu peut être soutenu par l'utilisation d'un outil numérique

 

TPacK : la capacité du formateur à articuler de manière pertinente et signifiante l'utilisation outils numériques, sa posture pédagogique et les objectifs d'apprentissage. 

 

Une étude réalisée récemment aux Etats-Unis démontre que l'acquisition de nouveaux savoirs ou savoir-faire technologiques ne compte que pour 18% dans l'évolution du sentiment d'efficacité personnelle des formateurs quant à leur capacité à intégrer les technologies à leurs pratiques pédagogiques.

 

Par contre, le développement de compétences articulant les 3 domaines (TPaCK) compte pour 63% dans l'évolution de ce sentiment d'efficacité personnelle.

 

tpack

 

 

 

 

Le modèle SAMR

 

Substitution, Augmentation, Modification et Redéfinition

modèle SAMR

 

Le modèle SAMR est une méthode d’analyse permettant de mieux saisir comment la technologie peut avoir un réel impact sur l’enseignement et les apprentissages.
Il aide l’enseignant à comprendre qu’intégrer les TIC ne signifie pas d’utiliser la technologie à tout prix, mais d’engager l’élève dans son apprentissage. La technologie reste donc un outil pour atteindre ce but et non une activité se suffisant à elle-même.

 

modèle SAMR 

 

 

Substitution

modèle SAMR

Définition : La technologie est utilisée pour effectuer la même tâche qu’avant.

Exemple : L’élève utilise un traitement de texte au lieu d’un crayon pour écrire un texte.

Changement fonctionnel : Aucun changement fonctionnel dans l’enseignement ou l’apprentissage. Il peut y avoir des moments où ce niveau de travail est approprié, car il n’y a pas de gain réel à tirer de la technologie. Il faut décider de l’utilisation de la technologie sur la base d’autres avantages possibles. Cette zone a tendance à être centrée sur l’enseignant, où celui-ci guide tous les aspects d’une leçon.

modèle SAMR

 

Augmentation

Définition : L’informatique propose un outil plus efficace pour effectuer des tâches courantes.

Exemple : L’enseignant crée une évaluation formative sur Google Drive ou Socrative et il demande aux élèves d’y répondre en ligne.

Changement fonctionnel : Il y a un certain avantage fonctionnel puisque l’évaluation est en ligne. Les élèves et l’enseignant peuvent obtenir une rétroaction presqu’immédiate. Ce niveau d’intégration entraîne un certain déplacement de l’enseignant vers l’élève. L’impact de la rétroaction immédiate est que les élèves peuvent commencer à s’engager davantage dans leur apprentissage.

modèle SAMR

 

Modification

Définition : Il s’agit de la première étape qui mène vers une transformation de la salle de classe. Les tâches scolaires ordinaires sont réalisées grâce à la technologie.

Exemple : Les élèves sont invités à rédiger une dissertation sur le thème « X Y… ». Ce travail se fait sur Google Drive et l’enseignant a accès aux travaux en cours d’écriture. L’élève doit réaliser un enregistrement audio de l’essai en y ajoutant une musique libre de droits. L’enregistrement sera joué devant un vrai public (élèves, enseignants, parents).

Changement fonctionnel : Il y a changement fonctionnel significatif dans la salle de classe. Alors que tous les élèves acquièrent des compétences d’écriture similaires, la réalité d’un vrai public donne à chacun un intérêt personnel dans la qualité du travail. La technologie est nécessaire dans cette classe puisque celle-ci permet l’évaluation par les pairs et l’enseignant, elle facilite la réécriture et elle permet l’enregistrement audio. De plus en plus, les questions sur le processus d’écriture viennent des élèves eux-mêmes.

modèle SAMR

 

Redéfinition

Définition : La technologie informatique permet de nouvelles tâches qui étaient impossibles auparavant.

Exemples : Un enseignant demande aux élèves de créer un documentaire vidéo répondant à une question essentielle liée à des concepts importants du cours. Des équipes d’élèves prennent en charge différents aspects de la question et collaborent pour créer un produit final. Les équipes doivent communiquer avec des sources externes d’information et la vidéo sera publiée sur le blogue de l’école.

Changement fonctionnel : À cette étape, les tâches scolaires communes et la technologie n’existent pas comme une finalité, mais comme un soutien pour centrer l’élève vers son apprentissage. Les élèves apprennent le contenu et les compétences à l’appui des concepts importants, car ils poursuivent le défi de créer une vidéo de qualité professionnelle. La collaboration devient nécessaire et la technologie permet que ces communications se produisent. Les questions et les discussions sont de plus en plus gérées par les élèves.

 modèle SAMR

 

 

 

Alors, un changement de pédagogie est - elle nécessaire ?

 

Pas forcément… Le professeur est au centre de ce dispositif. C’est sa manière de faire qui fera la réussite ou pas du cours. Le « numérique » ne sert qu’à relayer son information, la mettre en valeur.

 

« Non, les TIC n’inventent pas de nouvelles pédagogies (en tout cas pas globalement), elles ne font qu’interroger les pédagogies dominantes sur les évolutions qu’elles doivent prendre en compte du fait même du développement de ces TIC. Oui les TIC invitent à faire des choix pédagogiques, on peut même dire qu’elles en imposent certaines selon les choix de technologies faits. 

Oui les TIC provoquent les pratiques pédagogiques car elles ouvrent des possibles inimaginables il y a vingt ou trente années. Oui les TIC peuvent permettre d’envisager des évolutions pédagogiques, agrégées à des courants antérieurs, revisités ainsi, voir même enrichis. » 

Bruno Devauchelle

classeinver

 

 

Pour autant , les élèves changent. Ils ont des habitudes qui peuvent déconcerter l’enseignant si celui ci n’est pas prêt à les entendre.

 
 
 
 

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